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Histoire des Kata13 Dans de nombreuses écoles anciennes, l'enseignement du Kenjutsu passait par l'étude de Kata. Après la création de la première fédération de Kendo (Butokukai), il fut donc décidé de créer des Kata. Les trois premiers ont été créés en 1907 par une commission commanditée par le Butokukai composée de six membres et présidée par Noboru Watanabe (Hanshi) de l'école Shindo-Munen-Ryu.
Ces Kata semblent avoir été créés dans un but un peu philosophique, semi-ésotérique. En effet ils ont été définis pour représenter le ciel la terre et l'homme selon l'enseignement classique Chinois. Le Ciel représente l'universalité, la position la plus élevée, la Terre la source de tout ce qui vit. L'Homme dont l'existence est limitée par le Ciel et la Terre se trouve naturellement au centre. Ciel, Homme et Terre ont été symbolisés par les gardes Jodan, Chudan et Gedan des trois premiers Kata dont l'ordre ne doit donc rien au hasard. Toutefois ces concepts à la limite de l'ésotérisme ainsi que les gardes employées ne firent pas l'objet d'une discussion approfondie, et de nombreux pratiquants et enseignants semblent ne pas avoir adhéré à leur définition.
Aussi en 1911 le ministère de la Culture confia à un comité constitué de treize personnes autour de Negishi Shingoro, Takano Sasaburo et Kimura Shikihide la mise au point de Kata standards destinés à la formation des pratiquants d'arts martiaux. La commission repris les trois premiers Kata dont elle modifia le contenu mais pas les gardes (Jodan, Chudan, Gedan) ni leur ordre.
En 1912, quatre autres Kata au Tachi (sabre long) et trois Kata au Kotachi (sabre court) furent ajoutés, et en 1917 et 1933 des commentaires et explications détaillées furent ajoutés pour donner sa forme définitive à la série que nous connaissons aujourd'hui.
Depuis, des modifications mineures sont apportées au grès des commissions14 qui se succèdent, mais sans affecter de façon profonde la série des dix Kata dont on retiendra qu'elle date donc au plus tôt de 1912.
Le nombre de Kata exigé dépend du grade présenté. Il est en général des cinq premiers pour le Shodan.
Il convient d'insister sur le rôle important que les Kata jouent dans la perception du sabre. L'apprentissage du Kendo au moyen du Shinai, équipé d'une armure, amène les pratiquants à perdre de vue très facilement le fait que le Shinai doit rester avant tout la représentation d'un sabre. Les instructeurs peuvent corriger la position du Tsuru, ou la zone de frappe du Shinai, mais un retour régulier au sabre (au Bokuto) est un moyen finalement assez simple de rafraîchir la mémoire.
Par ailleurs les Kata comprennent un certain nombre de techniques qui ne peuvent être réalisées qu'avec un sabre et donc ne peuvent être correctement expliquées au moyen du Shinai. C'est le cas par exemple du Suriage où l'on utilise le Shinogi (l'arête latérale sur la lame du Katana), voir du Tsuki (San-Bon-me) où la courbure de la lame joue un rôle essentiel.
Enfin les Kata se rattachent à une tradition ancienne qui permet d'étudier des gardes (Hasso, Wakigamae, Migi Jodan...) pratiquement inutilisables en Kendo moderne. Sans compter toute la partie Kodachi. De ce point de vue le Kata est une sorte de rappel historique en condensé. Toutefois le Kata ne comprend pas toutes les techniques et déplacements du Kendo. Les déplacements en Kata ne sont pas en Suriashi (marcher sans croiser les pieds), on ne réalise pas le Ki-Ken-Tai-Itchi et le Zanshin de la même façon. Par ailleurs un très grand nombre de techniques de base du Kendo (Debana Waza pour ne citer que la plus simple) ne sont pas représentées.
Reste que ceci n'enlève rien à l'intérêt et à la nécessité d'étudier les Kata qui sont une source d'enrichissement de la pratique et lui donnent une dimension supplémentaire.
_____________________________________________ 13 Texte original de Jean Jacques Lavigne. 14. La ZNKR comprend une commission permanente " Kata " .
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