18-05-2008

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KEISHI RYU, Ecole de sabre de la police japonaise Version imprimable Suggérer par mail
Le kendo moderne s’oriente de plus en plus vers une discipline sportive privilégiant le combat en armure et la compétition en laissant de côté les techniques de bases et l’essence historique du kendo à savoir le maniement du sabre japonais (katana) à travers les écoles traditionnelles (koryu).

La proposition d’inscrire le kendo comme discipline olympique revient périodiquement et traduit malheureusement cette orientation !
Le pratiquant de kendo oublie peu à peu le lien direct entre le sabre (katana), le sabre en bois (bokuto) et le sabre en bambou (shinaï).

Déjà en 1912 la commission technique de la section kendo du Dai Nippon Butokukai (association pour le maintien des vertus martiales japonaises) avait introduit les kata de kendo comprenant sept techniques au grand sabre et trois techniques au petit sabre afin de donner une base au kendo et synthétisant l’essentiel des techniques au sabre appliquées au combat en armure et au shinaï.

En remontant dans l’histoire du kendo et de la pratique du sabre, une volonté de préservation des techniques traditionnelles et d’harmonisation de l’enseignement des écoles traditionnelles s’est concrétisée en 1886 par la création par la section de kendo de la police de Tokyo, seule autorisée avec l’armée à enseigner officiellement le maniement du sabre à cette époque, du kata de l’école Keishi Ryu.
Certains considèrent ce kata toujours enseigné et pratiqué dans la police japonaise comme le premier kata de kendo moderne.



En effet, lors de l’instauration de l’ère Meiji en 1868, le Japon se tourne vers l’occident et sa culture en négligeant sa culture traditionnelle. Une des conséquences fut le démantèlement des familles féodales auxquelles étaient souvent liées, entre autres d’un point de vue financier, les écoles d’arts martiaux qui de ce fait ont décliné.



Des actions pour préserver le patrimoine culturel martial ont eu lieu comme la création du Dai Nippon Butokukai, mais c’est surtout au sein de la police que la pratique du sabre a pu officiellement se développer.

Le port et l’utilisation du sabre furent adoptés par la police japonaise en 1879 après son intervention lors de la rébellion Satsuma en 1877.
Le port du sabre est resté jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale mais la pratique du sabre perdurera jusqu’à nos jours sans interruption même en 1945 lorsque la plupart des arts martiaux ont été prohibés par les forces d’occupation alliées entraînant une nouvelle époque de déclin.
De nombreux Maîtres japonais se sont succédé dans l’école de la police, apportant l’enseignement de l’école traditionnelle dont ils étaient issus.
Finalement dix mouvements issus de dix écoles traditionnelles ont été retenus pour donner le kata de l’école de la police Keishi Ryu Kidachi No Kata:

  • Hasso : Jikishinkage Ryu

  • Henka : Kurama Ryu

  • Hatten Giri : Hozan Ryu

  • Maki Otoshi : Rishin Ryu

  • Gedan No Tsuki : Hokushin Itto Ryu

  • Aun : Asayama Ichiden Ryu
 
  • Ichi Ni No Tachi : Jigen Ryu
 
  • Uchi Otoshi : Shinden Munen Ryu

  • Haore : Yagyu Shinkage Ryu

  • Kurai Zume : Kyochin Meichi Ryu



L’école de la police japonaise enseigne aussi un kata de iaïdo qui date également de l’ère Meiji et dont le but était de familiariser rapidement le policier au maniement d’un sabre afin d’affronter un éventuel adversaire venant de face, de dos, de la droite, de la gauche et quatre adversaires venant des quatre directions (ou des quatre points cardinaux) .
Ces cinq mouvements sont simples à enseigner mais sont pratiqués dans l’esprit des kata des écoles traditionnelles.
Comme pour les techniques de kendo ou ken justu décrites précédemment, les cinq techniques de iaïdo ont leur origine dans des écoles traditionnelles de sabre :



  • Mae Goshi : Asayama Ichiden Ryu

  • Muso Gaeshi : Shinden Muno Ryu

  • Migi No Tekki : Kyioshin Meichi Ryu

  • Mawari Gake : Tamiya Ryu

  • Shiho : Tatsumi Ryu



Mes remerciements à mon maître Bernard Durand Sensei qui m’a transmis la passion des arts martiaux du sabre japonais et à qui je dois tout, à André Tuvi Sensei qui a traduit les termes japonais et donné une explication aux différents mouvements de l’école et à Higashiyama Makoto Sensei de la police japonaise qui lors d’un passage en France a complété mon éducation.

Puisse celui qui lira cet article éprouver les mêmes sentiments que moi dans la pratique du kendo et dans la volonté de rechercher l’origine de toute chose.

Tran Xuan Thao
 

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