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Filmer et publier un entraînement : le droit à l’image en pratique

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Filmer une séance pour progresser, immortaliser un passage de grade ou partager un moment de pratique est devenu un réflexe courant. C’est aussi un geste qui engage une responsabilité, dès lors que d’autres personnes que soi-même apparaissent à l’image — un principe simple sur le papier, souvent négligé dans la pratique.

Le droit à l’image, un principe simple mais strict

Toute personne dispose d’un droit sur l’utilisation de son image, ce qui signifie concrètement qu’elle doit avoir donné son consentement avant qu’une photo ou vidéo la montrant clairement soit publiée, quel que soit le support. Ce principe s’applique même dans un lieu qui n’est pas privé au sens strict, comme un dojo ouvert au public pour un événement : la nature du lieu ne dispense pas d’obtenir l’accord des personnes reconnaissables sur l’image avant toute diffusion. Filmer pour un usage strictement personnel — se revoir soi-même pour corriger sa technique, par exemple — relève d’une logique différente de la publication, qui expose l’image d’autrui à un public potentiellement large et incontrôlable une fois en ligne.

Les mineurs, une vigilance renforcée

Lorsque des enfants pratiquent, la question se pose avec une acuité particulière : l’image d’un mineur ne peut être publiée sans l’autorisation expresse de son représentant légal, généralement recueillie par écrit en amont par la structure qui organise l’activité. Cette autorisation, quand elle existe, couvre en général un usage précis — communication du club, réseaux sociaux de la structure — et ne s’étend pas automatiquement à une publication personnelle par un parent d’un autre enfant présent sur la même vidéo. Publier une vidéo de cours où apparaissent des enfants d’autres familles, même sans intention malveillante, peut ainsi poser un problème réel si aucun accord n’a été donné pour cet usage précis.

Le droit à l’image repose sur le consentement de la personne représentée ; pour un mineur, ce consentement est donné par son représentant légal, et il porte sur un usage déterminé, pas sur une autorisation générale et permanente.

Les principes détaillés de ce droit, ainsi que les recours possibles en cas de publication non consentie, sont expliqués par la CNIL, autorité de référence sur les questions de données personnelles et d’image en France.

Ce qu’un club ou une salle peut interdire

Au-delà du cadre légal général, une structure sportive reste libre de fixer ses propres règles internes concernant les prises de vue pendant les cours, y compris pour un usage strictement personnel. Un enseignant peut ainsi interdire l’usage du téléphone pendant une séance pour des raisons pédagogiques ou de concentration, indépendamment de toute question de droit à l’image. Cette règle interne, propre à chaque structure, n’a pas besoin de s’appuyer sur un texte légal pour être appliquée : elle relève simplement de l’organisation de l’activité, au même titre que le règlement intérieur d’un club sur les horaires ou la tenue.

Publier sans se nuire

Une fois le consentement des personnes présentes obtenu, quelques précautions simples évitent des désagréments qui ne relèvent pas directement du droit à l’image mais du bon sens. Publier systématiquement des vidéos qui révèlent un lieu précis, des horaires réguliers et l’identité complète des personnes présentes construit, sans le vouloir, un profil prévisible pour n’importe quel inconnu qui consulte ce contenu. Il n’est pas nécessaire de renoncer à partager sa pratique pour limiter ce risque : éviter de systématiquement géolocaliser précisément chaque publication, varier ce qui est montré, et rester attentif à ce que les personnes filmées à ses côtés soient réellement d’accord avec l’usage qui en est fait suffisent, dans la plupart des cas, à concilier partage et prudence.

  • Demander l’accord explicite des personnes reconnaissables avant toute publication, y compris pour un enseignant ou un partenaire d’entraînement.
  • Vérifier qu’une autorisation existe bel et bien pour tout mineur apparaissant à l’image, au-delà de ses propres enfants.
  • Respecter les règles internes de la structure sur l’usage du téléphone ou de la caméra pendant les cours.
  • Limiter les informations qui, cumulées sur plusieurs publications, dessinent un profil trop précis d’une personne ou d’un lieu.

Retirer une image publiée par erreur

Une personne qui découvre son image, ou celle de son enfant, publiée sans avoir donné son accord dispose d’un droit d’opposition et peut demander le retrait de la publication auprès de la personne qui l’a diffusée. Dans la pratique, la plupart des situations se règlent simplement par une demande directe, sans qu’il soit nécessaire d’aller plus loin : rares sont les cas où un pratiquant refuse de retirer une vidéo une fois informé qu’elle pose problème à quelqu’un. Ce droit de retrait vaut aussi pour un ancien élève ou un ancien membre d’un club qui souhaiterait, plus tard, ne plus apparaître sur du contenu publié pendant sa période de pratique — une situation à laquelle les structures sont de plus en plus attentives, sans que la loi n’impose de délai de conservation particulier pour ce type de contenu.

Une pratique qui se partage, mais qui s’expose aussi

Rien n’interdit de documenter sa progression ou de partager un moment marquant de sa pratique martiale. La différence entre un partage serein et une source de conflit tient rarement à la technologie utilisée, mais presque toujours au soin apporté au consentement des personnes filmées et à la mesure dans ce qui est rendu public. Cette vigilance rejoint d’ailleurs celle que nous évoquons ailleurs sur le site à propos de l’encadrement : un enseignant qualifié fixe un cadre pour la sécurité physique de la séance, il en va de même pour l’image de ceux qui la pratiquent. Sur les autres aspects pratiques d’une année de pratique, voir notre rubrique vie pratique.


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